Deux films tournés au Mexique mettent l’école au centre du développement : Radical (au cinéma), inspiré d’une histoire vraie, raconte la méthode peu orthodoxe d’un professeur pour sortir ses élèves du déclassement social. Le dernier wagon, sur Netflix, narre le parcours d’un fils de cheminot, trimballé au gré des chantiers, qui trouve sa place dans la société grâce à une enseignante dévouée
A Matamoros, ville mexicaine à la frontière du Rio Grande et épicentre du trafic de drogue, tout le monde n’a qu’un rêve : passer aux Etats-Unis. Les enfants de l’école primaire José Urbina Lopez, eux, sont obligés de rester et ils affichent les pires résultats du pays. Rien d’étonnant au vu de la violence, la pauvreté et l’absence de perspectives dans lesquelles ils vivent. L’école, qui manque de tout, à commencer par les ordinateurs, leur inculque la discipline et le respect de l’autorité. Mais la plupart ne se sentent pas concernés et, démotivés, ils décrochent.
Méthode pédagogique Radical de Suqata Mitra
Dans Radical, Christopher Zalla raconte l’incroyable histoire vraie de cette classe à part, qui a fait la Une au Mexique. En 2011, Sergio Suarez Correa (Eugenio Derbez) est envoyé en remplacement dans cette école défavorisée. Le quinquagénaire, que l’enseignement traditionnel ennuie autant que les élèves, décide d’expérimenter une méthode pédagogique alternative, apprise sur internet : celle de Sugata Mitra, un professeur de technologie éducationnelle qui a donné accès à des ordinateurs à des enfants en Inde. Le but : éveiller la curiosité des élèves pour qu’ils aient envie de s’instruire et apprennent à réfléchir par eux-mêmes.
Paloma, la fille de chiffonnier aux meilleures notes du Mexique
C’est ainsi que Paloma, qui vit avec son père près d’une décharge et l’aide dans son travail de chiffonnier, découvre qu’elle a des capacités exceptionnelles en mathématiques. Elle construit un télescope à elle seule et veut devenir astronaute. A la fin de l’année, elle obtient les meilleures notes du pays. Quant à Lupe, destinée à s’occuper de ses petits frères et sœurs, elle se passionne de philosophie. Nico essaye de se détourner du trafic de drogue et, grâce à la physique apprise à l’école, il retape une vieille barque échouée sur le sable, qu’il nomme Paloma.
Le dernier wagon sur Netflix
Un mystérieux enfant apparaît au début et à la fin de Radical, poussant sa grand-mère en chaise roulante la première fois, le fauteuil vide la seconde. On croit le reconnaître : c’est probablement le petit Kaarlo Isaac Barria, découvert dans Le dernier wagon, un film d’Ernesto Contreras, actuellement sur Netflix.
Il y campe Ikal, un bambin trimballé au gré des chantiers sur lesquels travaille son père, un ouvrier qui construit les chemins de fer du Mexique. La vie est dure pour ces forçats du rail, que le contremaître pousse à travailler même sous l’orage, malgré le danger. La famille vit dans un wagon abandonné et Ycal n’est pas scolarisé. Mais grâce à la persévérance de la maîtresse Georgina, qui enseigne avec bienveillance dans un vieux wagon réaménagé en salle de classe, Ycal apprend à lire et à écrire et s’intègre dans le village. Jusqu’à ce que la famille soit obligée de partir, de nouveau.
Pourtant la graine a germé et on le retrouve, adulte, inspecteur au ministère de l’Education, chargé… de fermer les écoles non rentables, dont celle où il allait lorsqu’il était enfant. Que va-t-il faire ?
Deux films qui racontent l’école en tant que vecteur d’inclusion dans un pays, le Mexique, où l’égalité des chances et la justice sociale semblent être des thèmes porteurs en ce moment, même dans les urnes.

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