Photo: vue Mahdia depuis le port punique © Isolda Agazzi
Mahdia, au centre de la Tunisie, a été la première capitale de la dynastie Fatimide. Cette ville à la riche histoire abrite une médina préservée des flux touristiques. Elle est entourée par la mer, où l’on se baigne dans les ruines puniques, avec vue sur le cimetière marin et le fort ottoman
Des barques colorées somnolent dans la chaleur estivale, abritées des vagues par les remparts de l’ancien port punique. Un peu plus loin, des pêcheurs remontent les filets devant la nécropole punique, où quelques tombes taillées dans la roche semblent défier la mer et l’éternité. A Mahdia, ville côtière du centre de la Tunisie, on plonge littéralement dans l’histoire.

Mahdia, cimetière marin et phare © Isolda Agazzi
Mahdia, ancien comptoir Phénico-punique
On se baigne dans les ruines de cet ancien comptoir fondé par les Phéniciens vers le 9ème siècles av. J.-C. et repris par les Puniques, qui avaient bâti Carthage. C’est l’un des nombreux comptoirs créés par cette ancienne civilisation avant l’arrivée des Romains, le long des côtes de la Méditerranée qui vont du Liban à la Tunisie, en passant par la Sicile.
On se laisse dériver sur les flots de la mer et de l’histoire, avec une vue imprenable sur Borj El Kebir – le fort ottoman -, le phare et la grande mosquée fatimide. Au-dessus, le cimetière marin s’étend jusqu’au bout de la péninsule. A la tombée du jour, comme portés par une légère brise, les habitants déambulent dans ce lieu paisible qui flotte entre le ciel et la mer, le passé et le présent, la vie et la mort…
Mahdia est un petit bijou du Sahel tunisien. A l’écart de l’autoroute et dépourvue d’aéroport, elle est encore relativement préservée du tourisme de masse, concentré dans la zone touristique de la ville nouvelle.

Mahdia, place du Caire © Isolda Agazzi
Mahdia, première capitale fatimide
On déambule avec bonheur dans les ruelles exiguës de la médina, préservée et encore peu commerciale. A l’ombre des maisons blanchies à la chaux, le soleil joue à cache-cache entre les volets bleus. Seules quelques pseudo Vespa de fabrication chinoise viennent troubler le silence qui entoure ces vieilles pierres.
Dans des ateliers d’un autre âge, les hommes s’affairent sur des métiers à tisser la soie qui fait la renommée de Mahdia. A la tombée du jour, les familles s’attablent sur le pas de la porte pour profiter de la fraîcheur marine qui s’engouffre dans le dédale des rues.
A la place du Caire, des jeunes hommes et des jeunes femmes sont attablés sous les arbres, séparément. Cette placette ombragée doit probablement son nom aux Fatimides, une dynastie chiite ismaélienne qui, au 10ème siècle, a fait de Mahdia sa première capitale. Vers l’an 1000, le calife la transféra au Caire.

Mahdia, promenade autour de la médina © Isolda Agazzi
A Mahdia, se baigner dans l’histoire de la médina
La médina est entourée par une corniche d’où le soleil rougeoyant se jette dans la mer. Les familles descendent se baigner entre les rochers par des points d’accès spécialement aménagés. Quelques paddles sillonnent la mer turquoise qui semble refléter le calme des lieux. Attablés à des cafés traditionnels, les baigneurs sirotent une citronnade fraîche ou un thé à la menthe bien sucré.
Des institutions locales et de coopération internationale essayent de promouvoir un tourisme durable et alternatif. C’est le cas à Mahdia comme dans toute la Tunisie. Des circuits culturels permettent de visiter les ruines puniques et romaines environnantes. Ils alternent avec des déjeuners à la ferme et des sorties en mer avec les pêcheurs locaux. Le but est de promouvoir l’économie locale. Ces propositions attirent les étrangers et les Tunisiens qui, cette année, représentent 20% des nuitées. Des touristes qui découvrent un pays hors des sentiers battus.

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