Waves of Freedom Suisse va participer à une flottille pour Gaza

Waves of Freedom Suisse va participer à une flottille pour Gaza

La Global Sumud Flottilla s’apprête à essayer de briser le blocus de Gaza par la mer. La coalition, qui comprend des délégations de 44 pays, partira le 31 août de Barcelone et le 4 septembre de Tunis. La Suisse y participera avec Waves of Freedom Suisse, une toute nouvelle organisation fondée par le Dr. Hicham El Ghaoui

 « On sera juste un grain de sable sur la plage de Gaza car le lait qu’on amènera ne pourra pas nourrir tous les enfants. Mais notre action est avant tout symbolique. On veut briser le blocus: 6’000 camions d’aide attendent d’entrer à Gaza et les gens meurent de faim à quelques kilomètres. Nous voulons aussi montrer que la société civile peut s’organiser de manière globale et que nous n’avons plus besoin des Etats », a lancé Samuel Crettenand, coordinateur du mouvement international, lors de la présentation de Waves of Freedom Suisse (WOFA) le 12 août à Genève.

Cette association vient d’être fondée par le Dr. Hicham El Ghaoui, le médecin valaisan qui s’est rendu plusieurs fois à Gaza et a été l’un des premiers en Suisse à témoigner du génocide en cours. Elle s’apprête à participer à la Global Sumud Flottilla, une flottille internationale qui essayera de briser le blocus de Gaza.

Délégations de plus de 40 pays et des centaines de bateaux

Elle va réunir des délégations de plus de 40 pays qui partiront de plusieurs ports méditerranéens, dont Barcelone le 31 août et Tunis le 4 septembre. Ils devraient atteindre Gaza après une dizaine de jours de navigation.

«Notre objectif est de partir de Suisse avec cinq bateaux transportant quinze personnes chacun, a précisé le Dr. El Ghaoui. A ce jour, nous en avons acheté trois – l’un s’appelle Heidi et l’autre Guillaume Tell – grâce à de généreux donateurs. Nous voulons en acheter encore deux. Ils vont transporter du lait en poudre et des filtres à eau. Car à Gaza les mères sont tellement affamées qu’elles n’ont même plus assez de lait pour nourrir leurs bébés.»

Les organisateurs assurent que la motivation des participants est énorme: 18’000 personnes auraient déjà déposé leur candidature au niveau international, dont beaucoup de ressortissants des pays les plus impliqués dans le génocide, Américains et Allemands en tête. « Les gouvernements sont démissionnaires, mais les citoyens ne veulent plus rester dans une position attentiste. La propagande est terminée, les gens sont debout !», assurent-ils.

600 participants inscrits en cinq jours chez Waves of Freedom Suisse

Les organisateurs affirment que côté suisse 600 personnes se sont inscrites après cinq jours d’ouverture des candidatures. Parmi ceux-ci, 267 ont passé l’identification et vont passer au recrutement.

Tous les candidats doivent donner leur carte d’identité et leur identité numérique. Ils n’auront pas d’armes, la mission étant entièrement pacifique. Aucune forme de racisme et d’antisémitisme ne sera tolérée à bord. Leur résistance psychologique est aussi testée car ils pourraient subir des pressions par Israël. Une formation à la sécurité vient de se tenir à Tunis et d’autres vont suivre.

Cagnotte pour trouver encore 150’000 CHF

« Nous avons ouvert une cagnotte pour acheter les deux bateaux qui manquent – nous avons besoin de 150’000 CHF. Et le lait en poudre. Nous allons acheminer en tout environ cinq tonnes de lait. Nous cherchons encore à recruter des membres d’équipage et des médecins. C’est essentiel qu’il y ait un médecin par bateau », assurent les organisateurs.

Mais quel est la chance de succès de l’opération, après l’échec récent de la Flottille de la liberté et de la Marche pour Gaza ? Les gouvernements sont-ils prêts à protéger leurs ressortissants?

Des centaines de bateaux

« Nous sommes à 100% chargés d’espoir. Il y aura des centaines d’embarcations. Nous devrions compter trois fois plus de bateaux que l’armée israélienne, répond Shady Amman, le coordinateur national du mouvement. C’est la société civile qui va faire le monde. Peu importe que les gouvernements suivent ou pas. Mais on ne va plus demander l’autorisation de nous soulever face à un génocide. Côté suisse, nous avons un service juridique qui va informer le Département fédéral des affaires étrangères.»

Le Dr. Hicham El Ghaoui conclut: « Notre initiative est dictée par le droit international. Pendant plusieurs mois nous nous sommes battus pour que l’aide soit supervisée par une entité internationale neutre et non par le gouvernement israélien. En vain. Nous avons le droit de nous rendre à Gaza. On demande à la Suisse et à tous les gouvernements de nous protéger. Sur place, il y a les deux extrêmes : le carnage, mais aussi l’extrême gentillesse des gens, leur reconnaissance. Après les horreurs que j’ai vues, c’est grâce à ce genre d’initiative que j’arrive encore à me sentir utile.»

 

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